Lorsqu'une personne que nous aimons commence à éprouver des difficultés de mémoire, de jugement ou d'orientation, notre quotidien peut progressivement changer.
Au début, certains signes semblent anodins : un rendez-vous oublié, une question répétée, un objet égaré. Puis, parfois, les difficultés deviennent plus fréquentes et soulèvent des inquiétudes.
Pour les proches, il n'est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe ni de savoir comment réagir.
Accompagner une personne qui présente des troubles cognitifs demande de l'attention, de la patience, mais surtout une bonne compréhension de ses besoins et de ses capacités.
Comprendre les changements cognitifs
Le vieillissement peut s'accompagner de certains changements dans la rapidité du traitement de l'information ou dans la capacité à retrouver un mot.
Cependant, des difficultés qui deviennent persistantes, qui s'aggravent ou qui perturbent les activités quotidiennes méritent une évaluation professionnelle.
Les troubles cognitifs peuvent toucher différentes fonctions :
-
La mémoire et la capacité à retenir de nouvelles informations.
-
L'attention et la concentration.
-
Le langage et la compréhension.
-
Le jugement et la prise de décision.
-
L'orientation dans le temps et l'espace.
-
La capacité à organiser et à accomplir certaines tâches.
Ces changements ne signifient pas automatiquement qu'une personne présente la maladie d'Alzheimer. Plusieurs problèmes de santé, médicaments, troubles du sommeil ou autres facteurs peuvent également influencer les capacités cognitives.
Une évaluation permet de mieux comprendre la situation et de déterminer les interventions appropriées.
Adapter notre façon de communiquer
Lorsqu'une personne éprouve des difficultés cognitives, notre façon de communiquer peut faire une grande différence.
Il est souvent préférable de parler calmement, d'utiliser des phrases simples et de laisser suffisamment de temps pour répondre.
Plutôt que de multiplier les questions ou de corriger constamment les erreurs, nous pouvons chercher à comprendre ce que la personne tente d'exprimer.
Par exemple, lorsqu'un proche répète plusieurs fois la même question, il peut être plus aidant de répondre avec douceur que de lui rappeler qu'il vient tout juste de la poser.
L'objectif n'est pas de toujours ramener la personne à notre réalité, mais de maintenir un lien de confiance et de sécurité.
Cela ne signifie pas qu'il faut éviter toute correction, mais plutôt choisir nos interventions selon la situation et les risques.
Préserver l'autonomie aussi longtemps que possible
L'un des défis de la proche aidance consiste à trouver l'équilibre entre protéger et laisser faire.
Par inquiétude, nous pouvons parfois être tentés d'accomplir certaines tâches à la place de notre proche.
Pourtant, maintenir sa participation aux activités quotidiennes, selon ses capacités, peut contribuer à préserver son sentiment de compétence et sa dignité.
Il peut être utile de :
-
Simplifier les tâches plutôt que de les retirer complètement.
-
Maintenir des routines familières.
-
Donner des choix simples lorsque c'est possible.
-
Adapter l'environnement pour réduire les risques.
-
Valoriser les capacités encore présentes plutôt que de se concentrer uniquement sur les pertes.
Chaque situation est différente. L'autonomie doit toujours être considérée en fonction des capacités réelles de la personne et de sa sécurité.
Lorsque les comportements changent
Les troubles cognitifs peuvent parfois s'accompagner d'irritabilité, d'anxiété, de méfiance, d'agitation ou de réactions inhabituelles.
Ces comportements peuvent être difficiles à vivre pour les proches, particulièrement lorsqu'ils ne comprennent pas leur origine.
Avant de considérer un comportement comme de l'opposition, il est important de se demander si la personne éprouve une douleur, de la peur, de la fatigue, de la confusion ou un besoin qu'elle n'arrive plus à exprimer.
Un changement soudain du comportement ou de l'état mental nécessite une attention médicale rapide, puisqu'il peut notamment être associé à un problème de santé aigu.
Prendre soin de la personne, sans s'oublier
Accompagner un proche qui présente des difficultés cognitives peut devenir exigeant sur les plans physique, émotionnel et organisationnel.
Les responsabilités augmentent parfois progressivement, sans que nous réalisions à quel point notre quotidien s'est transformé.
Il peut y avoir de l'inquiétude, de la tristesse, de l'impuissance et même de la culpabilité.
Ces émotions font partie de la réalité de nombreuses personnes proches aidantes.
Reconnaître ses limites, partager les responsabilités et demander du soutien ne signifie pas abandonner son proche.
C'est aussi une façon de préserver sa capacité à l'accompagner dans la durée.
Des ressources existent
Au Québec, plusieurs ressources peuvent soutenir les personnes proches aidantes.
L'Appui pour les proches aidants offre notamment de l'écoute, de l'information et de l'orientation vers les services disponibles.
Site Web : https://www.lappui.org
Info-aidant : 1 855 852-7784
Le CLSC et les professionnels de la santé peuvent également contribuer à l'évaluation des besoins, à la sécurité à domicile et à l'organisation des services.
Accompagner avec respect et humanité
Derrière les difficultés de mémoire, les changements de comportement et la perte progressive de certaines capacités, il y a toujours une personne avec son histoire, ses habitudes, ses émotions et ses besoins.
Même lorsque la communication devient plus difficile, la présence, le ton de voix, les gestes rassurants et le respect demeurent essentiels.
Accompagner, ce n'est pas seulement répondre à des besoins physiques ou assurer la sécurité.
C'est aussi reconnaître la personne dans ce qu'elle est, au-delà de ses difficultés.
Et pour y parvenir, les proches aidants ont eux aussi besoin d'être compris, soutenus et accompagnés.
Guylaine Berthelette
Auteure et professionnelle de la santé retraitée
Créatrice de Cœur Sacré
Cet article est présenté à des fins éducatives et ne remplace pas une évaluation ou un avis médical individualisé.
Ajouter un commentaire
Commentaires